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Article paru dans le magazine Terre d'Avenir

Dys de Cœur : lutter contre les handicaps invisibles

Les « Dys » ce sont tous les enfants « différents » : dyslexiques, dyscalculiques, dyspraxiques, dysorthographiques… Des enfants bien souvent en difficulté scolaire, catalogués « paresseux » ou « maladroits», souvent mal compris par leur famille. Pourtant des solutions existent pour les aider à réussir. L’association Dys de Cœur est née pour le faire savoir.
Rencontre avec sa fondatrice Laetitia Klein.

   TDA : Qu’est ce qui vous a poussé à créer une telle association ?
Laetitia Klein : Le manque de prise en charge de ces enfants différents en Guadeloupe ! Quand je suis revenue ici avec mes deux enfants, l’un dyslexique, l’autre dyspraxique, je me suis aperçue que seule la dyslexie était connue ici. Les enseignants ont peu d’information sur les autres handicaps et, face à des enfants différents, ils ne savent souvent pas quoi faire. Ces enfants sont également souvent rejetés par les autres enfants avec comme conséquence une perte de confiance en eux et un dégoût de l’école.

TDA : La situation est-elle différente en France ?
L.K : Oui, là-bas, ces handicaps sont plus facilement repérés en milieu scolaire car les enseignants ont été davantage formés à les reconnaître. Cela permet une prise en charge adaptée et plus rapide de ces enfants. Au final, ils sont mieux à même de réussir et de s’épanouir, ce qui est une satisfaction à la fois pour les parents et les enseignants.

TDA : Comment faut-il prendre en charge ces enfants différents ?
L.K : Tout dépend du handicap ! Pour la dyslexie, qui est un trouble de l’apprentissage de la lecture liée à une difficulté à identifier les lettres, c’est tout simple. Il suffit d’espacer et de grossir les caractères sur les polycopiés donnés aux enfants et d’intégrer des couleurs dans le texte. La tablette tactile et l’ordinateur sont aussi des outils formidables qui permettent aux dyslexiques d’apprendre plus facilement. Enfin, les enseignants doivent savoir qu’un enfant « dys » a besoin de plus de temps que les autres. Lors d’un contrôle, en lui lassant ¼ d’heure de plus, ils obtiendront de meilleurs résultats de leur élève. Pour un dyspraxique, c’est le neuro-psychomotricien qui proposera des solutions adaptées à l’enfant, en fonction de son âge et de son niveau scolaire. Pour chaque handicap, il existe des solutions, encore faut-il le savoir.

TDA : Avec des techniques simples on peut donc vraiment aider ces élèves !
L.K : Oui mais les enseignants sont insuffisamment informés et formés. Et c’est pourquoi Dys de Cœur a vu le jour, pour informer, former, briser ce tabou du handicap invisible. Nous organisons des conférences sur ce thème et nous avons un très bon retour des enseignants. Ils posent mille question et à chaque fois nous disent « de tels enfants, j’en ai au moins deux ou trois dans ma classe » !

TDA : Justement, combien sont- ils en Guadeloupe ces enfants « dys » ?
L.K : Il n’existe pas de statistiques ici, mais les études réalisées ailleurs montrent que 2 à 3% des enfants souffrent d’un trouble de l’apprentissage. Ce qui, rapporté aux 109 000 élèves de la Guadeloupe, fait quand même 2 à 3000 enfants ici. Tout le problème tient d’ailleurs dans le repérage de ces enfants. Un enseignant formé à ces questions pourra identifier très tôt ces enfants et les orienter vers un neuro-psychomotricien qui établira un diagnostic. Une fois le diagnostic posé, les professionnels pourront alors proposer des solutions adaptées. Et dans la foulée, les parents seront en mesure de déposer un dossier à la MDPH pour bénéficier d’aides spécifiques.

TDA : Quels types d’aides peuvent-ils attendre ?
L.K : L’attribution d’outils informatiques ou d’un auxiliaire de vie scolaire (AVS) en classe par exemple. Mais un enfant dys peut aussi être accompagné par des professionnels, médecins, psychologues, orthophonistes, ergothérapeutes, psychomotriciens… qui pourront l’aider à contourner ses difficultés. En la matière, ces spécialistes ont également un rôle fondamental à jour pour la confiance en soi de l’enfant.

TDA : Cette confiance est-elle souvent mise à mal ?
L.K : Toujours ! L’enfant qui n’est pas comme les autres est toujours montré du doigt, considéré autrement. À l’école comme à la maison, on le traite souvent de « maladroit », « d’imbécile », on le qualifie de « lent », de « dans la lune », « à côté de ses pompes ». Autant d’expressions qui brisent sa confiance et son estime de lui.

TDA : Votre association est toute récente, quels vont être ses objectifs ?
L.K : Faire passer l’information, former parents et enseignants, offrir des espaces de parole, proposer des solutions, des outils qui fonctionnent. À terme, créer une école adaptée pour tous ces enfants différents en intégrant les « précoces » qui ont aussi besoin d’un environnement scolaire adapté. Et tenter de briser le tabou sur ce handicap. Car oui, les enfants « dys » peuvent réussir ! Certains sont médecins, avocats, skipper ou artiste ! Ils ont du talent, ils ont seulement besoin d’outils adaptés pour s’épanouir ! 

 

Justin Jehl, 19 ans : « La dyslexie est un combat avec soi-même pour ressembler au maximum aux autres »   Diagnostiqué dyslexique et dyscalculique à l’age de 8 ans, Justin, alors scolarisé en France, a été relativement bien pris en charge. « Mais en fait, chaque année le combat recommençait car certains enseignants reconnaissaient la dyslexie et d’autres refusaient tout effort ou adaptation. Du coup, j’ai fait des bonnes années et d’autres catastrophiques. En 3ème, par exemple, mon prof de maths n’a rien voulu entendre et je me suis retrouvé avec 4 au brevet alors que j’avais 14 l’année précédente » souligne Justin, qui a obtenu haut la main l’année dernière son Capitaine 200 au lycée de Gourbeyre. « Avec cette spécialisation maritime, j’ai vraiment trouvé ma voie et je peux désormais piloter des bateaux sous la responsabilité d’un capitaine ». Ce qui lui a permis de travailler sur les bateaux touristiques et d’avoir déjà une promesse d’embauche pour juin 2013. Une fois le bac en poche, il aura en effet le « capitaine 500 », un brevet lui permettant de piloter des bateaux jusqu’à 45 mètres et les navettes de passagers. Avec un beau salaire à la clé.

 

Des associations à votre écoute

Allodys à Petit-Bourg a été créé par Eva Claire en 2008. Sans relâche, la présidente et son équipe travaillent à faire connaître les troubles de l’apprentissage en Guadeloupe. Elle aide également les parents dans leurs démarches afin de trouver des solutions adaptées à leur enfant.
Tél. : 06 90 85 02 07 et 05 90 95 59 43
Horaires de permanence :
Tous les jeudis de 14 heures à 16 h 30, au Point multi accueil social de Petit-Bourg
Tél. 05 90 95 52 93.
Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.



L’association Esprit bleu à Basse-Terre
œuvre pour les enfants en difficulté d’apprentissage depuis 2012. Elle veut avant tout proposer des techniques de médiation et des pédagogies adaptées aux enfants, adolescents et adultes présentant des difficultés scolaires et troubles de l’apprentissage. Améliorer la prise en charge des diagnostics et les suivis spécialisés fait également partie de ses objectifs.
Tél. 0690.41.01.28
 
 
 
Magazine Terre d'Avenir - Mardi 5 Février 2013 - article de Mariane Aimar

 

 

La Fabrique à Bonheur redonne le goût d’apprendre

Laetitia Klein, fondatrice de l’association Dys de Cœur propose désormais des formations pour les parents, enseignants et personnels des établissements scolaires. Son but ? Leur donner des clés pour « apprendre à apprendre » et développer en Guadeloupe la pédagogie positive.

   Encadrer des enfants est un réel métier qui nécessite bien des compétences et de l’expérience. Malgré tout les enseignants sont parfois dépourvus face à des enfants de plus en plus difficiles, en échec ou « différents ». « On estime que dans chaque classe 3 à 4 enfants sont « dys » indique Laetitia Klein, présidente de Dys de Cœur. C’est à dire dyslexiques, dyscalculiques, dyspraxiques ou dysorthographiques ». Des enfants qui ont besoin de méthodes pédagogiques adaptées et d’outils spécifiques pour apprendre. Et également d’une pédagogie adaptée. C’est là que la pédagogie positive intervient. Grâce à l’aide d’EDF et de la Région Guadeloupe, Laetitia a pu suivre une formation spécifique dispensée en métropole par « La Fabrique à Bonheur », une association dédiée à la pédagogie positive. La présidente de Dys de Cœur en est revenue avec son diplôme en poche et peut désormais proposer conférences, formations et ateliers pédagogiques pour les parents, enseignants et personnels d’encadrements du milieu scolaire. « Mais nos formations s’adressent également aux jeunes qui passent le bac ou s’engagent dans des études difficiles, comme les classes préparatoires, et qui ont besoin de méthodes d’apprentissages adaptées » souligne la présidente.
Une chose est sûre, tous ceux qui ont testé cette méthode sont impressionnés par ses résultats. Les enseignants arrivent à mieux faire passer leurs leçons , les enfants apprennent avec davantage de plaisir et mêmes les « taties » de nos écoles parviennent à encadrer les enfants avec plus de facilité. Le tout dans la bonne humeur et avec moins de tensions !

Dys de Cœur
0690 24 59 02
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FACEBOOK : La fabrique à bonheurAntilles

 

 

La Pédagogie positive

De Audrey Akoun et Isabelle Pailleau

  Ce livre est né de l’écoute et de l’observation des parents et des enfants réagissant à la difficulté d’apprendre -ou d’aider à apprendre- face à deux jeunes femmes, l’une psychothérapeute comportementaliste et l’autre psychologue du travail et des apprentissages, Audrey Akoun et Isabelle Pailleau.
L’approche délivrée par ce livre permet de prévenir, d’identifier et de corriger les difficultés et les troubles de l’apprentissage et du comportement et partant de là, d’établir pour chacun une pédagogie positive.
La réussite scolaire a un coût financier, plus de deux milliards d’euros de chiffre d’affaires en France, et cela démontre l’étendue du problème. Car tous les parents souhaitent la réussite pour leurs enfants et se trouvent dans le désarroi le plus absolu face à leurs difficultés et à leurs échecs; car apprendre n’est pas simple et faire apprendre ne l’est pas plus.
Pour résumer, car le livre est infiniment riche et très précis dans ses explications, on pourrait dire qu’il est nécessaire de fuir toute notion de « c’est bien, c’est pas bien » et de lui préférer les notions d’intérêt, de plaisir, de découverte, d’amusement, de jeu, en somme de délivrer un autre angle de vision sur ce qui s’apprend, s’assimile, s’utilise, enrichit et diversifie le regard sur le monde.
Rassurons les parents stressés et qui bien souvent stressent leurs enfants, tout le monde peut apprendre et surtout prendre du plaisir à apprendre. Il s’agit simplement de faire rimer travail scolaire avec plaisir, découverte et réussite. Et ce petit livre peut les y aider.

La Pédagogie positive , Audrey Akoun et Isabelle Pailleau, éditions Eyrolles

 

 
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L'association Dys de Coeur Guadeloupe est égaleme,t présente sur :